Nous vivons dans un monde formidable. Imaginez un peu. Envisager de partir en vacances dans le sud de la France en plein mois mois de juillet, sans être noyé sous un flot de touristes et sans passer son temps dans les embouteillages, ça parait un peu irréel de nos jours non? C'est pourtant ce que nous avons fait...
Mais oui, bien sur que nous avons un secret!!! Convaincus depuis longtemps que découvrir une région ne peut se faire correctement au pas de course, nous avons opté pour un moyen de locomotion paisible, qui allie le calme et la sérénité avec un confort presque comme à la maison.
Le Crusader de chez Locaboat (photo Velyne)
Nous avons opté pour une croisière fluviale, à bord d'un "Crusader" de chez Locaboat. A nous la découverte du Quercy le nez au vent et le verre de Cahors à la main... En bateau, au fil du Lot.
La navigation sur le Lot ne date pas d'hier. En fouinant un peu sur internet, je me suis aperçu que déjà au XIV siècle la rivière servait à relier le sud du Massif central à l'Aquitaine. Ça n'a jamais été très facile vu le changement de débit de la rivière en fonction de la saison. On y acheminait alors principalement des denrées alimentaires, vin, légumes céréales ainsi que des pièces de bois destinées à la construction maritime. A cette époque on naviguait avec des barques à fond plat nommées "gabares". Si la descente était facile, il en allait pas de même pour la remontée, c'était bien plus sportif. Elle était assurée par les "gabariers" aidés dans cette tâche par des animaux de trait, chevaux ou bœufs. Les bateaux ne remontaient généralement pas en amont de
Cahors. Les barques étaient vendues sur place pour le bois. Tout ce petit monde de la batellerie connu son heure de gloire au milieu
du XIX siècle, époque à laquelle l'industrie sidérurgique de
Decazeville battait son plein. Ce n'est que vers les années 1920, avec
l'avènement du chemin de fer, que l'activité maritime déclina rapidement
pour s’arrêter définitivement au milieu du XX siècle.
C'est l'industrie touristique et ses croisières fluviales qui, à partir des années 1990, redonnèrent au Lot sa vocation de voie navigable en réhabilitant les équipements de navigation. Il y a de nos jours deux parties navigables sur le Lot, l'aval et l'amont. Celle que nous allons emprunter cette semaine, l'amont, est longue d'environ 80kms, elle va de Luzech à Lanargol.
Le Lot Amont et ses sites touristiques (photo LaMiade)
Un chouette soleil nous réveille ce samedi matin à Lafayette. Il nous promet une petite cuisson à l'étouffé, durant les cinq heures qu'il nous faudra pour rejoindre Douelle, ville dans laquelle nous récupérerons notre bateau, et ou nous avons rendez vous avec le reste de l’équipage. Nous sommes six pour cette semaine d'aventure. Evelyne, LaMiade, Marie, Daniel et moi... plus Isis, le matou.
La prise du bateau est toujours un moment un peu à part, hors du temps. J'arrive assez facilement à faire abstraction des gens qui courent de partout sur la base nautique afin d'être les premiers à partir. Le transfert de toute la nourriture et des sacs de fringues ça va aussi. Le grand moment de solitude pour moi, c'est quand le technicien m' invite gentiment à faire "une petite formation rapide avant votre départ", et qu'il me met ce bateau de plusieurs dizaines de milliers d'euros dans les mains, tout en me lâchant une bonne rafale de consignes, le tout en moins d'une minute.
- On va quitter l'amarre doucement descendre un peu jusqu'au pont, laisser la bouée rouge à bâbord, puis faire demi tour, puis accoster avant l'écluse, faire attention au courant qui ne va pas manquer de nous déporter, puis repartir, puis se ré-amarrer en marche arrière.... Faudra penser à faire attention à ne pas vous échouer sur les hauts fonds, ne pas casser l'hélice, faire gaffe au courant etc.....
Heureusement Daniel est arrivé à temps pour me soutenir, voir me traduire quelques termes techniques. Pour finir je n'ai pas planté le bateau dans le port, mais j'ai raté mon créneau en marche arrière...c'est déjà ça. Nous avons quelques heures devant nous, nous décidons de partir à l'ouest, destination Luzech. C'est le bout aval du tronçon navigable, je m'inquiète un peu de savoir à quels signes je me rendrai compte qu'il faut s’arrêter, Daniel rigole, je comprendrai pourquoi quelques heures plus tard en voyant l'imposant barrage qui bloque la rivière de part en part. Impossible de continuer.
Notre première soirée à bord est bien cool, la nuit qui suit paisible, et c'est sur un Lot lisse comme un miroir et très légèrement fumant que nous nous réveillons le lendemain.
Prendre son petit déjeuner sur le pont du bateau avec le soleil qui repeint tout le paysage en rouge-orangé, il n'y a que le chat qui n'est pas tombé sous le charme. Il n'est pas encore totalement à l'aise, et se demande surement comment est arrivée toute cette eau autour de sa maison.
Notre première étape après une petite journée de navigation, sera la ville de Cahors. Nous avons prévu une petite visite de la ville, et un début de recherche de ce qui fait la richesse du coin, je veux parler du vin de Cahors. Dans ce sens de navigation on remonte le courant, ça va moins vite, mais c'est plus facile à gérer.
La prise du bateau est toujours un moment un peu à part, hors du temps. J'arrive assez facilement à faire abstraction des gens qui courent de partout sur la base nautique afin d'être les premiers à partir. Le transfert de toute la nourriture et des sacs de fringues ça va aussi. Le grand moment de solitude pour moi, c'est quand le technicien m' invite gentiment à faire "une petite formation rapide avant votre départ", et qu'il me met ce bateau de plusieurs dizaines de milliers d'euros dans les mains, tout en me lâchant une bonne rafale de consignes, le tout en moins d'une minute.
- On va quitter l'amarre doucement descendre un peu jusqu'au pont, laisser la bouée rouge à bâbord, puis faire demi tour, puis accoster avant l'écluse, faire attention au courant qui ne va pas manquer de nous déporter, puis repartir, puis se ré-amarrer en marche arrière.... Faudra penser à faire attention à ne pas vous échouer sur les hauts fonds, ne pas casser l'hélice, faire gaffe au courant etc.....
On n'est pas ici pour s'amuser!!! (photo Velyne)
Heureusement Daniel est arrivé à temps pour me soutenir, voir me traduire quelques termes techniques. Pour finir je n'ai pas planté le bateau dans le port, mais j'ai raté mon créneau en marche arrière...c'est déjà ça. Nous avons quelques heures devant nous, nous décidons de partir à l'ouest, destination Luzech. C'est le bout aval du tronçon navigable, je m'inquiète un peu de savoir à quels signes je me rendrai compte qu'il faut s’arrêter, Daniel rigole, je comprendrai pourquoi quelques heures plus tard en voyant l'imposant barrage qui bloque la rivière de part en part. Impossible de continuer.
Notre première soirée à bord est bien cool, la nuit qui suit paisible, et c'est sur un Lot lisse comme un miroir et très légèrement fumant que nous nous réveillons le lendemain.
Le port de Luzech au petit matin, rien ne bouge
Prendre son petit déjeuner sur le pont du bateau avec le soleil qui repeint tout le paysage en rouge-orangé, il n'y a que le chat qui n'est pas tombé sous le charme. Il n'est pas encore totalement à l'aise, et se demande surement comment est arrivée toute cette eau autour de sa maison.
Notre première étape après une petite journée de navigation, sera la ville de Cahors. Nous avons prévu une petite visite de la ville, et un début de recherche de ce qui fait la richesse du coin, je veux parler du vin de Cahors. Dans ce sens de navigation on remonte le courant, ça va moins vite, mais c'est plus facile à gérer.
En repassant devant le port de Douelle on voit la grande fresque peinte qui nous avait échappé hier
(photo Marie)
En chemin nous faisons un petit arrêt approvisionnement dans la petit ville de Mercues, l'occasion pour moi de me retenter un amarrage en marche arrière... encore raté. Ce nouvel échec m'incite à parler un peu de la navigation fluviale et de son apparente facilité. J'avais moi aussi cette image du bateau qui glisse lentement sur la surface toute lisse d'un canal, le capitaine installé à la barre avec une chopine à la main. Mais ça c'était avant... avant d'avoir à naviguer sur une rivière, avant d'avoir à faire rentrer ce p...n de bateau dans cette toute petite écluse, de le maintenir en place lorsqu'on la remplie puis de repartir sans arracher la porte de ladite écluse. Oh bien sur ce ne sont pas les quarantièmes rugissants, mais quand même c'est vraiment un domaine qui demande de l'attention et de la pratique.
Le passage d'une écluse, nécessite d'avoir suivit une formation option "lasso de cowboy"
(photo velyne)
Il y a cependant d'énormes avantages à faire de la croisière fluviale, comme par exemple l'apéro pris à l'ombre d'un saule, avec les berges du Lot en arrière plan, ça vaut bien plusieurs tentatives d'amarrage ratées.
Ils ont du goût ces châtelains, et les jolies demeures qui parsèment les berges ajoutent une touche très classe au paysage (photo Marie)
Nous arrivons comme prévu en vue de la ville de Cahors en fin d'après midi. Nous trouvons sans problème une place pour nous amarrer. N'écoutant que sa grande générosité notre capitaine nous donne quartier libre pour aller visiter la ville, nous voilà partis à la découverte de cette citée au joli nom si prometteur.
Le monument le plus célèbre de la ville, le pont Valentré
Nous avons marché pas mal dans les rues de Cahors. Comme il faisait une chaleur d'enfer nous avons trouvé des remèdes pour nous rafraichir un peu, une pause dans une église pour écouter un concert d'orgue (du Bach...Dubacq???), un arrêt à la terrasse d'un bar avec des boissons bien fraiches. La ville était pleine des préparatifs de la finale de l'Euro 2016, écrans géants fan zone et surement pas mal d'hectolitres de bière. Cela ne nous a pas empêché de trouver un beau magasin fort bien achalandé en vin de Cahors, et nous avons ramené au bateau quelques bonnes bouteilles à déguster.
Nous aurions pu trouver pire comme place de parking
Nous ne sommes pas sur ce bateau uniquement pour nous amuser. Nous avons aussi une mission, trouver un bon vin de Cahors. Et si la tâche ne semble pas rébarbative à première vue, il faut quand même s'y atteler, en sachant que l'offre est assez pléthorique. Le vin de Cahors est traditionnellement obtenu à partir de cépage Malbec, mais on le trouve souvent avec 10% à 20% de Merlot pour arrondir le gout. Certains viticulteurs ajoutent même un peu de Tannat, le cépage du Madiran. Cela fait tout de même plusieurs dizaines de combinaisons possibles, ajoutez à ça les variations de procédé de vinification, la tâche n'est finalement pas si facile.
Ça demande une sacrée endurance tous ces tests
Laissons un peu le coté dégustation, et revenons à notre croisière. Il y a une obligation à laquelle on n'échappe pas en navigation fluviale, ce sont sont les passages d'écluses. Et pour le coup, sur les 150km que totalise notre parcours, nous en avons passé plus d'une trentaine... C'est dire si on connait bien le truc. Sur le Lot, elles sont toutes manuelles (sauf une) et sans éclusiers, il faut faire le boulot sois même.
Un passage d'écluse c'est plusieurs centaines de tours de manivelle.
C'est plus ou moins physique, selon que l'on monte ou descend les vannes
pour remplir ou vider l'écluse, ou bien que l'on ouvre ou ferme les
énormes portes métalliques, mais de l'avis général, c'est toujours
crevant.
Passer une écluse ça fait travailler les bras !!!
Alors quand on peut sous-traiter...
Mais l'écluse a un coté sympa que l'on découvre rapidement. Cest le point de passage obligatoire pour tous les équipages, et comme on fait souvent passer deux bateaux à la fois, on se rencontre entre marins, on parle, on s'entraide, et on fini par mouliner ensemble en évoquant les prouesses de pilotage que l'on n'a pas manqué de réaliser dans sa vie de baroudeur. Les étrangers n'étant pas les derniers à venir dans la région, on a eu l'occasion de partager quelques moments avec des Allemands, des Espagnols, des Anglais, et même avec un couple de Suédois. Moi j'adore ces rencontres.
Une fois les difficultés passées...la navigation reprend son cours
Nous avons quitté Cahors ce matin, notre prochain arrêt se situera à Vers. Nous ne serons plus qu'à quelques heures de navigation d'un des points les plus jolis du parcours... Mais pas de précipitation, nous croisons à une petite dizaine de km/h et le temps s'écoule lentement. Le voyage en bateau, avec son rythme tranquille et l'approche différente qu'il permet, est un très bon moyen de découvrir une région. Et nous ne nous en privons pas. Arrivés en fin d'après midi au mouillage de Vers, nous allons visiter la ville qui nous a paru jolie, et nous en profitons aussi pour faire quelques courses. Marie a décidé de s'initier à la pêche et Daniel est plein de patience avec sa nouvelle élève.
Quand tu réussiras à décrocher ce poisson "Petit Scarabée" tu pourras pêcher seule!!!
Le mouillage à Vers est des plus bucoliques
Pourquoi avoir revisiter la photo de la pochette de disque "Abbey Road" des Beatles? (photo Marie)
Pourquoi avoir revisiter la photo de la pochette de disque "Abbey Road" des Beatles? (photo Marie)
Sans doutes une idée germée à la fin d'une dégustation de Cahors!! les souvenirs me font défaut.
Et on en profite pour sortir Isis sur le plancher des vaches
Ce mercredi matin, nous ne sommes plus qu'à quelques encablures de la jolie ville de Saint-Cirq Lapopie. Ce village, c'est un peu le point d'orgue de la croisière. Depuis Cahors, les berges du Lot ont progressivement changé, pour devenir de plus en plus abruptes. Nous naviguons maintenant au milieu des gorges. Le paysage a gagné en sensationnel, et le petit village de Saint Cirq Lapopie, perché tout en haut de la falaise à près de 100m du Lot, nous apparait enfin. Il n'y a pas de port au pied du village, nous nous poserons à Bouziès, quelques kilomètres à l'ouest de St Cirq. Nous avons planifié la visite du village pour demain. Pour occuper notre fin d'après-midi, nous avons faire un tour.... de bateau histoire de nous changer les idées.
Un des bateaux qui proposent de découvrir la ville de St Cirq de la rivière
Ce jeudi matin nous sommes en route pour St Cirq. Le taxi est venu nous chercher dans la matinée et
nous reprendra ce soir. Mieux que des mots, des photos.
Peut-être le plus beau site de la vallée du Lot. (photo La Miade)
Le chemin de halage creusé à même la roche, à la hauteur de Saint Cirque Lapopie
Les "Châteaux des Anglais", anciennes fortifications censées protéger les populations
Le chemin de halage creusé à même la roche, à la hauteur de Saint Cirque Lapopie
Les "Châteaux des Anglais", anciennes fortifications censées protéger les populations
Déjà Vendredi, et l'idée qu'il va falloir rentrer s'impose peu à peu. Il y a le temps certes, qui nous impose de rendre le bateau samedi matin, mais il y a aussi le fait que le courant sur la rivière s'intensifie après l'écluse de Lanargol. Une frayeur au passage de celle-ci nous fera rebrousser chemin. Les bateaux de location, sous motorisés afin de permettre aux personnes sans permis de pouvoir les louer, ne font pas les fiers face au courant du Haut Lot.
Pas de photos de cette péripétie, le moment fut un peu chaud. Finir la semaine en plantant le bateau dans un déversoir n'était pas au programme.
C'est finalement un bateau pas cassé que nous avons rendu le samedi midi chez Locaboat. C'est clair, nous avons déjà passé des semaines plus tristes. La navigation sur le Lot doit faire partie des "choses à faire" dans la vie d'un "marin d'eau douce". Il y a tant d'approches possibles de cette région, la beauté des paysages, le patrimoine historique, les spécialités culinaires, viticoles, et puis la navigation, sur une vrai rivière tellement plus formatrice que sur canal.
Pas de photos de cette péripétie, le moment fut un peu chaud. Finir la semaine en plantant le bateau dans un déversoir n'était pas au programme.
C'est finalement un bateau pas cassé que nous avons rendu le samedi midi chez Locaboat. C'est clair, nous avons déjà passé des semaines plus tristes. La navigation sur le Lot doit faire partie des "choses à faire" dans la vie d'un "marin d'eau douce". Il y a tant d'approches possibles de cette région, la beauté des paysages, le patrimoine historique, les spécialités culinaires, viticoles, et puis la navigation, sur une vrai rivière tellement plus formatrice que sur canal.
Dernier petit repas au restaurant avant l'autoroute










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